La CGT Canon


Empa-tic ?

Vous a-t-on déjà dit que vous manquiez d’empathie ou que, dans telle ou telle situation, vous devriez faire preuve d’empathie ? L’empathie est la capacité à écouter l’autre et à prendre en compte ses émotions, ses besoins, ses demandes, ses détresses ; elle permet de communiquer plus facilement, résoudre des conflits, instaurer un climat plus serein.

Que ce soit en privé ou au travail, l’empathie est une qualité très recherchée mais n’est qui pas donnée à tous. Il faut parfois apprendre à développer son empathie. Il convient malgré tout de rester mesuré pour éviter de se laisser submerger par ses émotions et risquer de tomber carrément dans la compassion, qui est plutôt axée sur le partage des souffrances et de la douleur d’autrui. Un excès de compassion peut conduire à éprouver les émotions décrites par son interlocuteur et en être affecté moralement voire physiquement. Sur ce point il faut aussi savoir se protéger.

A l’heure où les entreprises elles-mêmes prônent la bienveillance entre managers et collaborateurs, l’empathie semble nécessaire pour établir un lien de confiance, instaurer du respect dans les relations de travail et booster la motivation des équipes. L’empathie se révèle être un outil de management puissant et efficace, un mécanisme d’écoute et d’anticipation des besoins qui permet de limiter voire d’éviter les facteurs risques professionnels et de mal-être au travail. Encore faut-il faire preuve d’authenticité, de sincérité et de proactivité...

Mais alors, peut-on réellement travailler son empathie et comment s’y prendre ? Il s’agit avant tout de s’en donner les moyens en effectuant un travail sur soi-même.

Faire preuve d’empathie, pour un manager, nécessite d’abord de se comprendre soi-même, se déconnecter de son propre monde, s’intéresser aux autres, se rendre disponible et savoir pratiquer une écoute active et attentive. Se montrer sincère et prendre en compte les remarques de ses collaborateurs permet d’établir un lien de confiance et d’apaisement.

Il ne suffit pas pour la Direction de se dédouaner de ses responsabilités en matière de santé et sécurité au travail en dispensant des formations aux managers ou en leur demandant de faire preuve d’empathie. On ne peut pas forcer quelqu’un à être empathique si ce n’est pas dans sa nature profonde et s’il ne veut pas faire l’effort. Le problème vient d’ailleurs et sans doute des profils recrutés.

Mais si l’empathie peut réellement contribuer au renforcement du leadership, encore faut-il pouvoir l’appliquer.

Car au-delà des beaux discours de bienveillance distillés par la direction, CANON France est encore loin de l’apaisement recherché. Comme l’ont montré les récents résultats de YOUR VOICE, managers comme collaborateurs se sentent mal menés et ne comprennent pas la stratégie défendue par le « Top Management ». La mise en œuvre de process lourds et l’implémentation d’outils mal adaptés, qui accentuent les contraintes et la charge de travail, viennent en contradiction avec la volonté de bienveillance et le respect des valeurs de chacun.

Beaucoup de managers n’ont ni le temps ni l’énergie nécessaires pour pratiquer l’écoute active. Ils sont eux-mêmes surmenés et surchargés, occupés à résoudre des problèmes et des dysfonctionnements de tous ordres. Quant aux collaborateurs, ils estiment être ni écoutés ni considérés et se murent bien trop souvent dans le silence et la résignation, voire à un stress permanent qui peut conduire à des situations dramatiques.

Enfin, l’annonce d’un nouveau plan de licenciement collectif n’est en rien synonyme de bienveillance et ne prend absolument pas en compte le mal-être exprimé au travers de l’enquête YOUR VOICE.

Encore une fois, les beaux discours venant des hautes sphères Canoniennes sont décorrélés de la réalité. Le principe de bienveillance est entendu et approuvé par tous, il ne reste toutefois qu’un lointain concept.